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Vincent Descousse: double champion du monde et parrain du Fort Boyard Défi Va’a 2026

Le Fort Boyard Défi Va’a s’apprête une nouvelle fois à faire vibrer les rameurs et le public à Fouras. Malgré l’annulation du Fort Boyard Challenge, Rochefort Océan Va’a a fait le choix de maintenir la course V6 ce 26 et 27 Septembre 2026 et de faire vivre cette journée autour du Va’a, du partage et de la culture polynésienne. Parmi les visages associés à cette nouvelle édition, Vincent Descousse occupe une place particulière en tant que parrain de l’événement.

Membre de l’équipe de France de Va’a en catégorie VL2, Vincent Descousse s’est construit un parcours sportif remarquable depuis ses débuts dans les sports nautiques. Double champion du monde à Singapour sur 250 m et 500 m, il connaît aussi particulièrement bien le Fort Boyard Challenge, qu’il a remporté en V6 mixte en 2025.

À l’occasion du Fort Boyard Défi Va’a, il revient pour Total Paddler sur son parcours, son rôle de parrain et ce que représente pour lui cette journée dédiée au Va’a.

Vincent, peux-tu te présenter à nos lecteurs et nous raconter ton parcours dans le Va’a jusqu’à ton intégration en équipe de France ?

Je m’appelle Vincent, j’ai 49 ans et je pratique le Va’a en catégorie VL2. Après mon accident en 2018, qui m’a laissé paraplégique, le sport est devenu un formidable moyen de reconstruction.

J’ai commencé mes activités nautiques par le kayak en 2019, à Libourne. En 2020, j’ai rejoint le club de Bordeaux-Lac et je suis passé à la pirogue, qui est un support plus adapté à mon handicap et me permet de mieux m’exprimer sportivement.J’y ai trouvé une structure « handi-accueillante », même s’il n’y avait aucun autre sportif en situation de handicap parmi les adhérents et que les locaux n’étaient pas adaptés. Sandrine D. et Théo M. étaient disponibles pour m’aider à embarquer et à m’entraîner, malgré les contraintes liées à mon handicap.

J’ai participé à plusieurs compétitions nationales sur différentes distances, puis aux sélections en équipe de France de Va’a. En 2024, première sélection, première compétition internationale de sprint à Hawaï et premiers titres mondiaux !

Tu as récemment décroché deux médailles d’or, sur 250 m et 500 m. Que représentent ces deux titres pour toi et quel a été le chemin pour arriver jusqu’à ces performances ?

Ces deux titres de champion du monde à Singapour représentent bien plus que deux médailles. Ils symbolisent toutes ces années de travail, de doutes, de sacrifices et de reconstruction depuis mon accident.

Derrière ces victoires, il y a aussi ma famille, mes entraîneurs, mes partenaires d’entraînement, mes coéquipiers et tous ceux qui m’ont soutenu. C’est une réussite collective. C’est aussi une manière de montrer que, même quand on est en situation de handicap, on peut faire du sport et atteindre le haut niveau. Certes, cela demande encore plus de force et d’énergie, mais c’est possible. C’est aussi une manière d’encourager les personnes en situation de handicap à se lancer et de permettre aux personnes valides de porter un autre regard sur le handicap.

Le Va’a est un sport particulièrement exigeant physiquement et techniquement. Comment as-tu adapté ta pratique et ton entraînement pour atteindre le haut niveau ?

Il a fallu adapter l’entraînement à mon handicap et surtout apprendre à exploiter au maximum mes capacités. J’ai échangé avec d’autres athlètes, des entraîneurs, des médecins et des kinésithérapeutes. J’ai pris en compte leurs conseils, puis essayé et conservé ceux qui me permettaient de progresser.

Sur l’aspect matériel, j’ai pu travailler avec l’équipe de l’Institut Para Sport à Garches sur la fabrication d’un siège adapté et moulé à ma morphologie. Par la suite, j’ai développé mes propres coques en carbone afin d’optimiser ma position et de transmettre au mieux ma force à la pirogue. Je les ai conçues dans mon garage avec l’aide de mes enfants et parfois d’amis.

Tu évolues aujourd’hui au sein de l’équipe de France de Va’a. Qu’est-ce que représente pour toi le fait de porter ce maillot et de participer à des compétitions internationales ?

Porter le maillot de l’équipe de France est une immense fierté. Quand on repense au chemin parcouru depuis 2018, se retrouver quelques années plus tard à l’autre bout du monde pour représenter son pays est quelque chose de très fort. C’est aussi une responsabilité et surtout une formidable aventure humaine.

Tu es aujourd’hui le parrain du Fort Boyard Défi Va’a. Comment as-tu accueilli cette proposition et qu’est-ce que ce rôle représente pour toi ?

J’ai accueilli cette proposition avec plaisir et fierté. L’année dernière, je participais au Fort Boyard Challenge pour la deuxième fois. J’en garde un souvenir particulier puisque, avec l’équipage mixte dans lequel j’étais, nous avons remporté cette édition 2025. Une superbe victoire, avec cinq valides, dont ma femme, et un bel engagement de tous, qui nous a permis de vivre de superbes sensations sur l’eau et de gagner parmi les quinze V6 mixtes engagés. Si mon parcours peut encourager d’autres personnes en situation de handicap à se lancer un défi et à faire du sport, alors mon rôle de parrain prend tout son sens.

Cette édition est particulière puisque le Fort Boyard Challenge a été annulé, mais Rochefort Océan Va’a a choisi de maintenir la course V6. Quel regard portes-tu sur cette initiative ?

Je trouve cette décision très positive. Maintenir la course, c’est faire vivre le Va’a malgré les difficultés et permettre aux rameurs de continuer à se retrouver autour de leur passion.

Le Va’a est un sport profondément collectif. Qu’est-ce que cette dimension d’équipe t’apporte, notamment dans ton parcours de sportif de haut niveau ?

Le collectif est essentiel. Même lorsque je cours en individuel, je sais que derrière ma performance, il y a beaucoup de personnes. En V6, chacun doit trouver sa place, faire confiance aux autres et avancer au même rythme. Ce collectif m’apporte énormément, aussi bien humainement que sportivement.

Au-delà de la compétition, le Fort Boyard Défi Va’a proposera cette année un véritable village polynésien. Pourquoi est-il important, selon toi, de faire découvrir cette culture au public à travers le Va’a ?

C’est l’occasion, autour de cet événement, de montrer la place du Va’a dans la culture polynésienne et d’en découvrir les traditions, les valeurs et l’histoire.

En tant que sportif handisport, ton parcours peut aussi être une source d’inspiration pour d’autres personnes. Quel message aimerais-tu transmettre à celles et ceux qui hésitent à se lancer dans le sport ou dans le Va’a ?

Je leur dirais simplement : osez essayer. Après mon accident, je n’aurais pas imaginé vivre tout ce que je vis aujourd’hui. Le sport m’a permis de me reconstruire, de retrouver des objectifs et de découvrir de nouvelles possibilités.

Pour terminer, qu’aimerais-tu dire aux rameurs et au public qui seront présents à Fouras pour cette édition du Fort Boyard Défi Va’a ?

Profitez pleinement de cette journée ! Venez partager, découvrir et encourager les rameurs. J’ai hâte de vous retrouver à Fouras !

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A propos de l’auteur

Erica Revil

Passionnée de SUP race, de pirogue et de surfski, Erica est une athlète française basée à Fuerteventura, aux Canaries. Elle évolue sur le circuit international de SUP Race et compte deux titres de championne de France. Titulaire d’un diplôme en marketing et publicité, elle apporte un regard neuf et optimiste sur le sport.

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