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Te Aito arrive à Paris : la Légende du Va’a au Pied de la Tour Eiffel

Depuis près de quarante ans, le nom de Te Aito résonne comme une évidence dans l’univers de la pirogue. Née en 1988, la course s’est peu à peu imposée comme l’un des rendez-vous les plus attendus du va’a mondial, forgeant au fil des éditions certains des plus grands champions de la discipline.

Et l’actualité du Te Aito est particulièrement dense en cette rentrée : le SUPer Aito se tient ce week-end, le 5 septembre, avant que la mythique course ne poursuive son histoire en métropole. Si Te Aito a déjà posé ses valises à Toulon, où la version « Frani » (Française) se tient depuis plusieurs années en partenariat avec un club local, cette année marque une nouvelle étape : pour la toute première fois, l’événement mythique s’installe à Paris.

Rendez-vous donc les 19 et 20 septembre prochains, au cœur de la capitale, où Te Aito retrouvera un décor pour le moins spectaculaire, celui de la Tour Eiffel, à l’occasion d’un partenariat noué avec l’un des événements phares des sports de pagaie parisiens, La Traverseine, avec à la clef, deux billets d’avion Air Tahiti Nui aller-retour Paris><Papeete à remporter.

Charley Maitere, directeur de Te Aito Events, revient pour TotalPaddler sur la genèse de ce projet, le tracé qui attend les participants, la dotation exceptionnelle, et plus largement sur l’histoire qui a fait du Te Aito et du Super Aito une référence incontournable du va’a international.

Iaorana Charley, comment ça va ? Quelle est la grande nouvelle de cette année ?

Iaorana Mathieu et TotalPaddler ! C’est l’arrivée de Paris sur le circuit Te Aito international. Te Aito Paris, ce sera une grande première, les 19 et 20 septembre, en partenariat avec l’événement La Traverseine, bien connu de tous.

Comment s’est fait ce partenariat ?

Les idées naissent parfois de discussions informelles. Tout est parti d’un ami, Irwin Taputuarai, rencontré à San Francisco en 1988, retrouvé il y a deux ans à Paris. On a évoqué nos souvenirs, et le projet d’organiser un Te Aito à Paris, sur la Seine, au pied de la Tour Eiffel, est né de là. C’est cet ami qui a fait le lien avec le club et le comité organisateur de La Traverseine, qui rassemble chaque année des centaines de paddlers, jusqu’à environ 1 500 compétiteurs toutes catégories confondues (va’a, kayak, SUP…). On va donc marier les deux événements pour une édition Te Aito / Traverseine.

Amener le Te Aito au coeur de Paris, ça doit être un moment très spécial dans l’histoire du Te Aito ?

Plus que ça : un moment fort dans l’histoire même de la pirogue individuelle. Le Te Aito s’installe aujourd’hui au cœur de Paris, avec l’idée d’aller ensuite vers d’autres régions, voire d’autres pays comme l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne, qui développent de plus en plus la discipline.

Ce n’est pourtant pas le premier événement Te Aito organisé en France : il y a Toulon depuis plusieurs années…

Toulon, c’est une autre histoire : celle de deux clubs devenus partenaires. Ruahatu Va’a (ndlr:  le premier club de pirogue polynésienne (va’a) créé en France, fondé à Toulon le 15 mars 1997 et devenu Toulon Va’a en 2015). Le premier président avait demandé à pouvoir utiliser le nom « Te Aito »  et voilà, c’est devenu un partenariat. Aujourd’hui, c’est un peu un retour, une continuité.

Est-ce que Te Aito Paris remplace Te Aito Toulon ?

Non, non, non, ce sont deux événements bien distincts, organisés à des périodes différentes, sans concurrence entre eux. Les deux coexistent.

Est-ce que cette édition sera un événement unique ou déjà un rendez-vous annuel ?

Bien sûr, rien n’est encore garanti sur la durée ni la pérennité de l’événement. Mais en général lorsqu’on lance les choses c’est avec l’idée que ça dure. Il y a quarante ans, on s’est amusé à mettre en place un format pilote : une course longue distance individuelle, une première mondiale sous cette forme. Et aujourd’hui l’histoire continue.

Te Aito Events + TotalPaddler

Peux-tu nous parler du parcours et de la distance ?

Le départ se fera depuis la base nautique de l’Île de Monsieur et on ira jusqu’à la pointe de l’Ile saint louis, puis retour à Sèvres … et on passera bien entendu au pied de la Tour Eiffel,  c’était l’une de mes conditions, et elle a été acceptée. Au total, 26 km : 13 km à l’aller, 13 km au retour.

Et une belle récompense pour le vainqueur ?

Oui, et de taille, grâce à un partenaire fidèle : Air Tahiti Nui , notre compagnie aérienne du Fenua, qui nous suit depuis plusieurs années déjà et qui a accepté cette année d’aider l’organisation avec deux billets aller-retour Paris-Papeete. Le premier ou la première à franchir la ligne remporte son billet plus son inscription au Super Aito 2027. Un deuxième billet est tiré au sort parmi l’ensemble des participants  de la Traverseine.

Peux-tu revenir sur la genèse du Te Aito ?

Le Te Aito a été créé pour relever le niveau de nos rameurs ici en Polynésie Française. Tout est parti de la Molokai : en 1976, on gagne Molokai, puis de 1977 à 1992, aucune équipe tahitienne ne remporte la course malgré les participations. En 1988, avec un ami, Mara Aitamai, un adversaire à l’époque on se dit : plutôt que de continuer à se défier individuellement, pourquoi ne pas créer une course pour rassembler nos meilleurs rameurs et gagner en niveau à l’international ? C’est la naissance du Te Aito, avec une première édition en 1988.

Quatre ans plus tard, notre partenaire de l’époque (une marque de bière étrangère) nous demande quelque chose de plus corsé. On était à la Pointe Vénus et on se dit et pourquoi pas un départ de la Pointe Vénus, direction Moorea. On avait une enveloppe de 500 000 francs pacifiques pour le vainqueur, une somme qui représenterait aujourd’hui entre 1 et 2 millions de francs pacifiques. Cela à mener à sélectionner une véritable équipe de haut niveau. Gabilou a eu l’idée de sélectionner les 12 premiers de cette édition, pour repartir à la Molokai, où l’équipe tahitienne remporte enfin la victoire, en 1992.

Et donc le Te Aito a véritablement participé au développement du va’a et des performances de Tahiti à l’international. Mon ami était cycliste, donc habitué à l’endurance et à la distance ; moi, je venais de la boxe et donc habitué au combat, et on avait tous les deux cette approche de la performance sportive.  

Et pour ceux qui découvrent le sport… Te Aito / Super Aito, c’est quoi la différence ?

Le Te Aito est ouvert à tous. En 2018, on a d’ailleurs atteint un record de 1 300 participants. Parmi les arrivants, une sélection est faite : les 100 premiers, plus des wild cards, notamment pour les archipels (Tuamotu, Australes, Marquises…)  et les compétiteurs internationaux les mieux classés, qui sont directement qualifiés pour le Super Aito. On approche des 200 compétiteurs retenus. Le Super Aito aura lieu le 5 septembre. Toutes les infos sont disponibles sur le site de Te Aito Events.

Un mot pour conclure ?

Un grand merci au comité organisateur de La Traverseine d’avoir accepté d’accueillir une course de va’a, alors qu’on ne s’était jamais rencontrés en personne, heureusement, la visioconférence existe aujourd’hui, ça nous a permis d’échanger et de bien clarifier la situation. Merci à Irwin de nous avoir proposé ce beau projet, qui est en train de s’écrire.

Tu seras présent à Paris pour cette première ?

Oui, je tiens vraiment à être présent. Ce sera un bel hommage au va’a.

INSCRIPTIONS JUSQU’AU 11 Septembre
www.traverseine.fr

A propos de l’auteur

Erica Revil

Passionnée de SUP race, de pirogue et de surfski, Erica est une athlète française basée à Fuerteventura, aux Canaries. Elle évolue sur le circuit international de SUP Race et compte deux titres de championne de France. Titulaire d’un diplôme en marketing et publicité, elle apporte un regard neuf et optimiste sur le sport.

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