Au croisement de l’océan et des marais, s’impose comme une course à part dans le paysage des épreuves de rame. Entre effort de longue distance, stratégie et adaptation constante aux éléments, l’événement séduit un public de plus en plus large, des passionnés aux compétiteurs aguerris. Les 30 et 31 mai prochains, aux Sables-d’Olonne, différents supports de glisse, tels que les pirogues, seront au rendez-vous, pour le tour de l’île vertime.
On retrouve Armando Da Silva, participant profondément attaché à ce parcours qu’il connaît depuis ses premières explorations en pirogue. De ses débuts presque improvisés à l’évolution vers un événement structuré et accessible, il revient sur l’histoire, l’identité et les spécificités de cette course pas comme les autres mais aussi son parcours exceptionnel.
Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours dans les sports de rame, ainsi que de tes participations au Tour de l’Île Vertime ?
Je suis nageur de club à la base, puis surfeur depuis 1974 et faisant partie des pionniers du surf au Sables d’Olonne, puis nageur en eau libre en monopalme pendant 4 ans, et puis, début ou milieu des années 2000 la pirogue le (Va’a) est arrivée aux Sables, cela fait donc depuis presque 20 ans que je rame environ… Et j’ai participé à 10 Vendée va’a. Avec quelques copains principalement surfeurs et ancien barreur de haut niveau et d’origine tahitienne qui était aux Sables à l’époque, on a démarré l’activité sous l’impulsion de Tama notre barreur , qui nous a tout appris. Et étant des “enfants” de l’eau et de la glisse, nous avons très vite adhéré à ce nouveau sport et nouveau support de glisse et de jeu, qui nous permettait de nous entraîner et de faire de l’endurance quand il n’y avait pas de surf à faire.
Très vite nous avons organisé des petites courses et raids ou explorations locales, participé à beaucoup de compétitions départementales, régionales et nationales, comme tous les sélectifs des championnats de France (pour lesquels nous avons été 2 fois champions de France), et participé 6 ans se suite à la Porquerollaise à Toulon, (67km non stop, avec changement de rameurs pendant la course) et course que nous avons gagné une fois en 2014, et dans la même année nous sommes champions de France. La Porquerollaise était alors à l’époque, la plus grande course en France et en Europe, et dans la même année nous avions gagné aussi la Vendée va’a ce qui nous a qualifiés pour l’Hawaikinui à Tahiti, la course mythique en Polynésie et la plus dure au monde de par sa longueur et à cause des conditions climatiques causées par la chaleur. Hawaikinui c’est un peu l’ironman de la pirogue, course que nous avons fait 2 fois, en 2014 et en 2015…
Combien de fois as-tu participé à la course de l’Ile Vertime?
Quant à l’île Vertime, j’y ai participé 2 fois, faite deux fois, sur le grand parcours de 32km, en pirogue solo,
et étant le plus ancien (vieux= 70 ans) en âge parmi les rameurs de pirogue, je m’en sors bien au classement général malgré tout 😉 mais ceci dit, ma pirogue n’est plus très performante, c’est un vieux modèle et dont la forme ou carène est beaucoup plus adaptée à la mer et à la houle, que par mer et eau calme, mon shape de pirogue est plus pour la houle, plus ronde, moins pointue, moins “gun” et du coup elle avance moins bien sur le plat…
Il y a beaucoup de participants qui ont des pirogues plus récentes au niveau du shape, et cela compte beaucoup aussi. avec ma pirogue c’est un peu comme si je roulais en VTT contre des vélos de route… mais j’étais heureux d’y participer malgré tout, tout en m’accrochant à des gens plsu jeunes que moi et avec du matériel plus performant.
Comment est née l’idée du Tour de l’Île Vertime ? Quelle était la vision au tout début, et a-t-elle évolué au fil des années ?
Avant que l’événement n’ait sa forme actuelle, nous avions déjà réalisé le parcours avec les membres de mon club de pirogue. Nous avions fait tout le tour par les marais, puis terminé par la mer, en sortant et en portant notre grosse pirogue à six places à la Gachère jusqu’à la plage, ce qui n’était pas très pratique ! Par la suite, certains d’entre nous ont commencé à effectuer le parcours complet, entre mer et marais, avec des pirogues monoplaces (OC1, V1), voire en biplace. Plus tard, Clovis a repris l’idée, amélioré le concept et l’a rendu plus accessible à un plus large public, en proposant deux formats : 32 km et 16 km.
Le parcours autour de l’Île Vertime est assez unique : peux-tu nous le décrire ?
Le parcours est en effet assez unique, car il est plus complexe avec cette alternance entre mer et marais, et demande un effort prolongé. Cela nécessite une bonne préparation et un entraînement sérieux. Il faut de l’endurance, de la stratégie, de la tactique, ainsi qu’une bonne technique de rame en mer, qui peut parfois être agitée. Une fois dans les eaux calmes du marais, on retrouve une certaine sérénité, mais il reste des difficultés, comme les courants, qu’ils soient descendants ou montants selon le remplissage ou la vidange du marais.
Le mélange entre océan et eaux calmes change totalement la dynamique : qu’est-ce que cela apporte aux participants ?
Ce mélange permet avant tout à chacun de faire des choix en fonction de sa préparation, de son matériel et de son propre défi. La partie en mer demande davantage de tactique et de stratégie. C’est un effort long et exigeant, qui pousse les participants à se dépasser différemment et à s’adapter en permanence aux conditions.
En tant que participant, qu’est-ce que tu venais chercher en prenant le départ de cette course ?
Ce que je venais chercher dans cette course, c’était avant tout son originalité : commencer par un effort en mer, puis terminer dans le marais, dans des eaux plus calmes. C’est aussi la possibilité de traverser des paysages totalement différents, avec des paramètres et des difficultés variés. Cela permet également de relancer davantage, avec des accélérations et des sprints dans un environnement différent.
Pourrais tu nous donner quelques conseils pour quelqu’un qui souhaite se lancer sur le format 32 km ?
Mon conseil est d’avoir une préparation globale solide sur son support et de s’entraîner suffisamment en amont.Il est également important d’intégrer du renforcement musculaire, de travailler l’endurance sur de longues distances, ainsi que la résistance et le cardio, notamment grâce à des phases d’accélérations ponctuelles. Il s’agit d’avoir une préparation complète et sérieuse, comme pour tout objectif sportif.
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