Menu

Iloha Eychenne et Viper : les secrets de sa rame signature

9th September 2026

Tagged: ,

Quand on atteint le plus haut niveau, chaque détail compte. Pour Iloha Eychenne, quadruple championne du monde de V1, la recherche de performance passe aussi par une question essentielle : trouver une rame qui accompagne réellement sa technique, plutôt que de lui imposer une manière de ramer.

En collaboration avec Viper Va’a, fabricant tahitien de rames, Iloha a ainsi travaillé sur un modèle entièrement pensé autour de sa façon de ramer, de ses besoins en propulsion comme en direction, et surtout de sa volonté de mieux contrôler son appui dans l’eau.

Ce modèle s’inscrit dans une gamme de quatre Pro Models (ou modèles signature) exclusifs développés par Viper Va’a avec différents athlètes. Parmi eux, le Pro Model Iloha Eychenne est celui qui porte la signature d’Iloha. Il ne s’agit pas simplement d’une personnalisation esthétique : le travail a porté sur le shape de la pale, ses dimensions, sa répartition de surface, sa cuillère et différentes caractéristiques techniques.

Iloha nous explique ici les choix qui ont guidé ce développement, et comment chaque détail de ce pro-modèle répond à une intention précise : construire une rame qui lui permette de décider elle-même de son appui et de se rapprocher de la technique de rame qu’elle souhaite développer.

Les choix qui ont guidé le développement du Pro Model

  • Une pale plus petite
  • Une pale longue et étroite
  • Un shape pensé pour le catch
  • Une cuillère plus prononcée
  • Deux options de flexibilité : carbone ou bambou
  • La longueur du manche comme variable

Une pale plus petite

Pour mon pro-modèle, j’ai choisi volontairement une taille de pale plus petite, c’est-à-dire 22/48, qui correspond, en surface, à une 24/46.

Avant, j’avais tendance à ramer avec des pales beaucoup plus grosses, et je me suis rendu compte que ma technique était moins bonne, puisque c’était la rame qui m’imposait un appui dans l’eau. Du coup, j’avais plutôt tendance à fuir l’appui que la rame m’imposait, et je n’avais pas une bonne technique de rame.

Pour compenser ça aussi, je ramais avec un manche plus court pour essayer de diminuer les bras de levier. Je ramais donc avec une rame trop courte et un pas trop gros.

L’idée des dimensions de mon pro-modèle était de réduire la surface de pale pour obtenir une rame avec laquelle je pouvais décider moi-même d’appliquer l’appui, et pouvoir ainsi avoir une technique qui n’allait pas être gênée par la taille de ma rame.

Je voulais être décisionnaire de l’appui que je mettais dans l’eau et non contrainte à essayer de trouver une compensation à ce que m’imposait la rame.

Source : archives personnelles de l’athlète

Une pale longue et étroite

Ensuite, c’était comment répartir cette surface de pale pour avoir quelque chose d’intéressant et d’innovant. Et c’est là que, étant barreuse, j’ai souvent ramé avec des rames étroites et longues, plutôt étroites et longues.

J’ai discuté avec pas mal de rameurs autour de moi et, en regardant d’autres disciplines de sports de pagaie qui avaient des rames, j’ai voulu en faire un deuxième critère.

Je me suis dit que ça pourrait être intéressant en V1 de pouvoir avoir une rame étroite et longue, vu qu’en V1 on est à la fois dans la propulsion, mais aussi dans la direction. C’est donc se rapprocher un peu du shape d’une rame de barreur.

Avec l’objectif d’être efficace dans la direction, puisqu’elle va du coup un peu plus profond, un peu plus étroite, et qu’elle se rapproche de la rame de barreur.

Aller chercher l’impact et le catch à l’avant

Mais l’un des critères les plus importants pour moi, c’était vraiment d’avoir une rame qui puisse aller chercher l’impact devant.

En gros, une rame qui oblige à avoir l’impact à l’avant. Une rame qui accroche directement à l’entrée d’eau. Et le fait d’avoir une rame longue permet d’aller chercher l’eau dure et d’aller accrocher directement à l’impact.

Et ça a aussi été renforcé. Cette envie d’aller chercher l’impact et le catch a été renforcée par le shape de la pale.

Elle n’est pas seulement longue et étroite, mais elle est aussi incurvée, avec une cuillère un peu plus prononcée. Et cette cuillère n’est pas seulement en bas de pale, mais sur toute la pale.

Vu qu’on a une pale qui est longue, cette cuillère est d’autant plus prononcée. Même si elle est légère, elle est d’autant plus prononcée que la pale est longue. Et ça a été des choses qui ont permis d’aller chercher cette accroche à l’avant.

Un shape spécifique

Pour ce qui est des angles, on est restés sur les classiques de Viper pour ne pas non plus trop changer.

En fait, ce pro-modèle a vraiment un shape particulier. Il ne s’agit pas juste d’une taille Viper avec une déco personnalisée.

Les angles correspondent aux angles Viper, mais la dimension et le shape, donc la cuillère de la rame, ont été travaillés.

Mais il y a aussi l’arête à l’arrière qui est plus prononcée. Il y a une légère… il y a un convexe-concave aussi sur l’arrière de la pale qui a été travaillé et qui diffère d’une Viper classique.

Deux options de flexibilité

En termes de flexibilité, j’ai l’habitude de ramer avec une rame carbone, beaucoup plus rigide.

Mais n’étant pas le cas de tout le monde, on a décliné la rame aussi en manche bambou, ce qui permet d’avoir une rame plus flexible et qui va correspondre au plus grand nombre.

Les deux options sont donc possibles : si on veut plus de rigidité, on a l’option du manche carbone. Et si on veut quelque chose de plus souple, on a l’option du manche bambou.

Une pale plus petite et un manche plus long

Si on fait un lien entre les caractéristiques du pro-modèle et ma façon de ramer, comme dit précédemment, ce que j’ai cherché à avoir, c’était une rame plus petite pour pouvoir monter en fréquence si nécessaire, mais aussi être capable de descendre la cadence et accrocher l’eau.

C’est pour ça que j’avais besoin d’une rame plus petite.

Et après, je joue sur la longueur de mon manche si j’ai besoin de plus d’appui. Hormis le shape du pro-modèle, j’ai aussi allongé le manche de mes rames, ce qui me permet, si nécessaire, d’aller chercher de la prise en plus de la surface de ma pale.

Une rame adaptée à sa technique

Et dans le shape propre de la rame, ce que j’ai cherché à avoir, c’était justement une rame qui, puisque j’ai plutôt tendance à ramer sur l’avant, puisse me permettre, avec le pro-modèle, de répondre à la technique de rame à laquelle je voulais aspirer.

Où trouver le Pro Model Iloha ?

Si le Pro Model Iloha Eychenne vous intéresse, ou si vous souhaitez découvrir les autres modèles développés par Viper Va’a, vous pouvez retrouver l’ensemble de la gamme directement sur leur boutique en ligne, contacter l’un de leurs représentants, ou vous rendre au Viper Va’a Shop, situé au Centre Vaima à Papeete, à Tahiti.

Pour découvrir les différents modèles et suivre l’actualité de la marque : Viper Va’a

Instagram: @vipervaa

Facebook: facebook.com/vipervaa

Et si le parcours d’Iloha vous intéresse, vous pouvez également suivre la championne à travers ses entraînements, ses compétitions et ses différents projets sur ses réseaux sociaux.

Instagram: @ilohaeychenne

Facebook: Ici

Pour retrouver l’ensemble des contenus consacrés à Iloha Eychenne sur TotalPaddler, vous pouvez également consulter sa page dédiée :

Tous les articles TotalPaddler consacrés à Iloha Eychenne

A propos de l’auteur

Glênia Pinheiro

Glênia Pinheiro est ingénieure et nourrit une profonde passion pour le sport et l’univers de l’océan. Originaire de Fortaleza, véritable paradis brésilien du downwind, elle est tombée amoureuse de la pirogue polynésienne, avec ou sans gouvernail. Aujourd’hui installée en France, elle vit un mode de vie guidé par l’aventure, l’endurance et une connexion forte avec la mer.

To follow Glênia:

  • Facebook Link
  • Instagram Link