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Mondial de vitesse de Va’a à Singapour : Christophe Havy, « le Va’a fait partie de moi »

À 54 ans, Christophe Havy poursuit une aventure commencée il y a plus de quinze ans, lorsqu’il a découvert le Va’a à Marseille. Adhérent du club Marseille Manu Ura 13, le rameur français vient d’arriver à Singapour pour disputer les Championnats du monde IVF de sprint Va’a 2026. Une nouvelle étape importante dans un parcours marqué par une passion intacte pour la compétition et par une expérience polynésienne forte, notamment lors du Te Aito et de la Hawaiki Nui Va’a en 2019. Christophe connaît déjà les émotions d’un podium mondial : en 2022, à Eton, en Angleterre, il avait décroché la médaille d’argent aux Championnats du monde de sprint. À Singapour, il s’apprête donc à relever un nouveau défi international, avec la même détermination et les valeurs qui l’accompagnent depuis ses débuts : partage, humilité et dépassement de soi.

Bonjour Christophe, tu viens d’arriver à Singapour. Dans quel état d’esprit es-tu avant ce Championnat du monde ?

Je suis forcément très heureux d’être ici. Un Championnat du monde, c’est toujours un moment particulier. On pense à tout le travail accompli pour arriver jusque-là. Maintenant, j’ai surtout envie de profiter pleinement de cette expérience, de donner le meilleur sur l’eau et de prendre du plaisir à ramer.

Comment ton histoire avec le Va’a a-t-elle commencé ?

Tout a commencé en 2010, à Marseille. J’étais moniteur de voile et j’ai rencontré un rameur tahitien qui sortait de l’eau avec sa pirogue. On a discuté, il m’a proposé d’essayer… Trois jours plus tard, je découvrais le Va’a. Depuis, je ne l’ai jamais quitté.

Qu’est-ce qui t’a autant séduit dans cette discipline ?

Avant tout, la sensation de liberté. Être sur l’eau est quelque chose d’unique. J’aime aussi énormément les entraînements et surtout la compétition. Aujourd’hui encore, c’est ce qui me motive le plus.

En 2019, tu as vécu une saison à Tahiti. Qu’en retiens-tu ?

C’était une aventure incroyable, même si tout n’a pas été simple. Trouver un emploi sur place a été compliqué et je n’ai pas pu participer à toutes les courses que j’espérais. Mais j’ai eu le privilège de prendre le départ du Te Aito et de la Hawaiki Nui Va’a, au cœur de l’élite polynésienne. Ce sont des souvenirs gravés pour toujours.

L’un de tes plus grands moments reste cette médaille d’argent aux Mondiaux 2022…

Oui, clairement. Monter sur le podium à Eton et entendre La Marseillaise, c’était une émotion immense. C’est le genre de souvenir qui récompense des années de travail et de sacrifices.

Comment as-tu préparé ces nouveaux Championnats du Monde de Sprint ?

Je rame toute l’année. J’ajoute du CrossFit et du Hyrox pour compléter ma préparation. Mais la performance ne dépend pas seulement de l’entraînement : je fais très attention à la récupération, au sommeil et à l’alimentation. Même en vacances, je cherche toujours un plan d’eau pour continuer à ramer !

Quelles sont les valeurs que le Va’a t’a transmises ?

Le partage et le dépassement de soi. Même quand je rame en individuel, je garde cet esprit collectif. J’aime dire : « Ensemble dans le même combat. » Ça résume parfaitement ma vision du Va’a.

Quels sont tes objectifs après Singapour ?

Continuer à progresser et à vivre de belles compétitions. Mais j’ai aussi un rêve plus personnel : retourner vivre plusieurs saisons à Tahiti et contribuer au développement du Va’a en France.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui veut découvrir le Va’a ?

Je lui dirais simplement : reste humble et sois persévérant. C’est une discipline exigeante, mais elle apporte énormément, autant humainement que sportivement.

Comment vois-tu l’avenir du Va’a ?

Je suis très optimiste. La communauté grandit, de plus en plus de pays découvrent notre sport et le matériel continue d’évoluer. Mon plus grand souhait serait de voir un jour le Va’a devenir une discipline olympique. Il mérite une bien plus grande visibilité.

Après toutes ces années, que représente le Va’a pour toi ?

C’est bien plus qu’un sport. Il m’a offert des défis, des voyages, des rencontres extraordinaires… et même la personne qui partage aujourd’hui ma vie. Au fond, une chose est certaine : le Va’a est très important. Il fait partie de moi.

 

A propos de l’auteur

Tatie Fady

De nature passionnée et au tempérament solaire, Fady est une rameuse de V6 basée à Toulon qui vit au rythme de la mer et du va’a. Mère complice, amoureuse de l’amour, des mots et des grands espaces, elle partage, sans détour, un univers authentique et sensible.