À 21 ans, Ranitea Mamatui avance entre deux mondes. Née et élevée à Tahiti, bercée par le lagon et la culture du Va’a, elle a grandi avec l’océan comme terrain de jeu et comme école de vie. Introduite très tôt à la pirogue par son père, elle y a trouvé bien plus qu’un sport : une identité, une force, une résilience.
Aujourd’hui installée en France pour poursuivre un Master MEEF EPS à Aix-Marseille, elle construit un nouveau chapitre, loin de son île et de ses repères. Sans son équipe, sans son matériel, mais toujours avec la même détermination.
Athlète enracinée et future professeure engagée, Ranitea incarne cette génération capable de transmettre les valeurs du sport, où qu’elle soit.
Bonjour Ranitea, peux-tu te présenter et nous dire ce que tu fais actuellement dans la vie ?
Bonjour, je m’appelle Ranitea Mamatui. J’ai 21 ans et je suis actuellement en première année de Master MEEF EPS à l’INSPÉ d’Aix-Marseille Université. J’ai quitté la Polynésie pour poursuivre mes études en France et me former afin de devenir professeure d’éducation physique et sportive.
Te souviens-tu de la toute première fois où tu es montée dans une pirogue ? Qu’as-tu ressenti à ce moment-là ?
Je ne pense pas me souvenir exactement de la toute première fois où je suis montée dans une pirogue, mais je me souviens très bien des premières fois. Mon père pratiquait le Va’a depuis que j’étais toute petite, et il m’a mise pour la première fois sur une pirogue quand j’avais cinq ou six ans. Ce n’était rien d’officiel, simplement une sortie en famille, un dimanche comme les autres.
Mes premières vraies compétitions sont arrivées plus tard, au collège. J’étais une enfant souvent malade et asthmatique. Grâce au sport scolaire et à l’option Va’a, j’ai découvert une véritable passion pour cette discipline. C’est devenu bien plus qu’un sport, c’est devenu une partie de moi.
Comment le fait d’avoir grandi à Tahiti t’a-t-il façonnée, à la fois comme personne et comme athlète ?
Grandir à Tahiti, au bord de l’océan, m’a permis de développer un amour profond pour la nature et la mer, ainsi qu’un attachement naturel au Va’a, un sport qui incarne parfaitement ces éléments.
Vivre dans un territoire d’outre-mer m’a aussi transmis un fort sens de la communauté. Dans la vie quotidienne comme dans le sport, j’ai appris ce que signifie vivre ensemble, tout en développant mon autonomie et mon indépendance.
Nous vivons dans ce que beaucoup considèrent comme un paradis, où la vie semble plus douce et privilégiée. Mais cela n’efface pas les exigences du monde moderne. La société devient progressivement plus individualiste, et construire une stabilité pour l’avenir reste essentiel.
Vivre dans un cadre exceptionnel n’exclut ni les responsabilités ni les ambitions. Au contraire, cela renforce l’envie de construire son avenir avec sérieux et détermination.
Tu as mentionné avoir quitté ton île pour tes études. Continues-tu le sport ?
Je vais être honnête : aujourd’hui, je me retrouve en France avec très peu de repères. Quand je dis « rien », je parle surtout de l’absence de mon environnement habituel, plus de matériel, plus d’entraîneur, plus de famille à proximité. Actuellement, je n’ai que moi-même et une pagaie, même pas une pirogue.
Ma famille, et surtout mon père, ont toujours été un soutien essentiel dans la préparation de mes plus grandes compétitions. C’est lui qui m’a appris à pagayer. Au fil des années, j’ai aussi rencontré de nombreuses personnes qui ont influencé mon parcours et de qui j’ai beaucoup appris.
Donc oui, je continue à pagayer quand je le peux. Mais ce n’est pas facile de se retrouver à 16 000 kilomètres de l’endroit où l’on a grandi, dans un environnement inconnu.
Peux-tu nous partager ton souvenir le plus marquant de la Hawaiki Nui Va’a ?
J’ai eu l’opportunité de participer à de nombreuses courses en Polynésie avec des équipes comme Ihilani et Teva.
Je n’ai participé qu’une seule fois à la Hawaiki Nui avec Teva, mais toutes les courses que j’ai faites avec ces équipes m’ont apporté des expériences variées et m’ont permis de découvrir différentes manières de travailler et de courir.
Ce qu’elles avaient toutes en commun, c’était une chose simple : on n’a jamais le droit d’abandonner. Et cette valeur, la résilience est quelque chose de très important pour moi.
Y a-t-il eu des mentors ou des figures clés qui ont influencé ton parcours ?
Mon père, William Mamatui, m’a tout appris sur la préparation physique et la discipline. Ma mère, Ioane Merina, a façonné la femme que je deviens. Pour elle, le Va’a ne devait jamais être tout ; je devais aussi travailler à l’école et être responsable dans la vie quotidienne.
Nous avons avancé tous les trois ensemble.
Au fil du temps, nous avons rencontré de nombreuses personnes qui m’ont influencée : Heiarii Mama d’EDT, son père Maxime Mama, Philippe Bernadino et sa nièce Hinatea, ainsi que Vaimiti Maoni, qui me demandait souvent de courir avec son équipe.
Plus récemment, j’ai travaillé avec un entraîneur dont je préfère garder le nom confidentiel qui m’a beaucoup appris sur la technique.
De toutes ces expériences, je retiens surtout des valeurs comme l’humilité, la bienveillance et la résilience.
Quels sont tes objectifs pour l’avenir ?
En France, je prévois de participer aux compétitions fédérales et de continuer à vivre le mode de vie du Va’a même si ce ne sera pas au même niveau compétitif que l’année dernière.
Professionnellement, ma priorité reste mon Master, qui est la raison pour laquelle j’ai quitté mon île. Je me forme pour devenir professeure d’EPS au collège et au lycée.
Pour moi, l’école est le meilleur endroit pour sensibiliser les jeunes à l’importance du sport tout simplement parce que tout le monde y passe.
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